Les Chauves-souris
Mes précieuses voisines
Pour accéder directement aux différents chapitres de cette page :
- Introduction
- Informations et idées reçues
- Les chauves-souris et le bâti
- Comment aider les chauves-souris
- Liste des exemples et témoignages d’aménagements pour les chauves-souris
- FAQ — Foire aux questions autour des chauves-souris
- Plus d’informations sur les chauves-souris
- Mesures, aménagements, exemples et témoignages en image
Les chauves-souris : le groupe de mammifères le plus menacé en Europe
Les chauves-souris nécessitent des actions de protection. Pour plusieurs espèces, de fortes diminutions des populations wallonnes ont été constatées. Les causes de cette évolution sont la perte et la dégradation de leurs terrains de chasse, le manque d’insectes et la perte de gîtes d’été et d’hiver.
Les bâtiments peuvent constituer des pièges pour les chauves-souris qui y pénètrent et risquent d'y rester piégées ou de perdre leur habitat (pose de grillage, rejointoyage, isolation derrière les parements en briques, surfaces lisses derrière un bardage, calfeutrage, caissons à volet, membranes non tissées...). Elles peuvent également être intoxiquées par le traitement des bois avec lesquelles elles sont directement en contact (C. C. Voigt et al, 2016).
Pour en savoir plus : Liste rouge des espèces menacées et Liste rouge des chauves-souris en Wallonie disponible sur plecotus.natagora.be et sur biodiversite.wallonie.be
Informations et idées reçues
Toutes les espèces de chauves-souris indigènes sont insectivores et tout à fait inoffensives. Comme les taupes et les musaraignes, elles disposent de dents très pointues, afin de pouvoir broyer les carapaces dures (en chitine) des insectes.
Ce sont des pilotes qualifiés avec un système d’écholocation parfait, qui leur permet, même dans l’obscurité totale, une détection des structures les plus fines.
Nombreux sont les mythes autour des chauves-souris : on dit qu’elles s’accrochent dans les cheveux, qu’elles portent malheur... Toutes ces histoires sont fausses ! Les chauves-souris sont des animaux d’une grande timidité et ne se montrent jamais agressives.
Les chauves-souris, des locataires discrets !
Dans la majorité des cas, une colonie de chauves-souris installée dans un immeuble peut passer inaperçue. Il est toutefois possible d'observer des signes de leur présence : en soirée, lorsqu’elles sortent pour se nourrir, ou en cherchant leurs petites déjections, sèches, noires et brillantes (de la taille d'un grain de riz), sous les trous d’envol ou à l’intérieur des espaces occupés (greniers, caves…). Dans de très rares cas, on peut entendre le bruit très discret résultant de leurs déplacements. C’est le cas lorsque :
- les animaux se trouvent directement dans un mur ou un plafond non isolé présentant une forte résonance ;
- une grande colonie avec des jeunes s’est installée ; la communication entre les mères et les jeunes est très intense.
Le placement de panneaux isolants en dehors de la période estivale peut résoudre ces problèmes.
Quand l’accès au gîte se trouve directement à côté d’une fenêtre ouverte, il se peut qu’une chauve-souris pénètre dans une chambre et ne retrouve plus le chemin vers la sortie. C’est ainsi qu’on peut trouver au matin une pipistrelle accrochée au plafond ou dans les rideaux. L’installation de moustiquaires évite ces incidents.
Les chauves-souris ne font pas de dégâts
Les chauves-souris ont besoin de trouver un espace qui leur convient immédiatement, elles ne ramènent donc aucun matériaux et n'ont pas la possibilité de creuser, de détériorer les éléments de structures en bois, en maçonnerie, ou les matériaux isolation, leur denture ne le permet pas. Exceptionnellement, elles peuvent uriner dans le matériau isolant.
Les membranes souples non tissées (pare-pluie, frein-vapeur…), sont de véritables pièges pour elles si elles rampent à l’intérieur d’une lame d’air, ou d'une paroi d'un grenier. En effet, la griffe qu’elles ont au niveau du pouce, leur permet de rester suspendue sans effort, mais elles n’ont pas toujours la possibilité de le rétracter si elles sont en position suspendue sur une paroi souple.
Pour en savoir plus :
- Comment les griffes de la chauve-souris fonctionnent-elles ?, extrait de l’émission C'est pas sorcier publiée sur YouTube
- MT06.cs Proscrire l’utilisation des membranes pare-pluie en textile non-tissé pour éviter de piéger des chauves-souris.
Les chauves-souris et le bâti
Les chauves-souris sont susceptibles d’utiliser les bâtiments toute l’année. L’été et l’hiver sont néanmoins les périodes potentiellement les plus sensibles, car les jeunes sont non volants en été et les adultes en hibernation n’ont pas la possibilité de s’enfuir rapidement de leur gîte ni souvent d’en trouver un autre de substitution1.
Certaines chauves-souris appelées « fissuricoles » (comme la Sérotine commune ou la Pipistrelle commune) peuvent ramper pour accéder à leur gîte et occuper de tout petits espaces, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Par exemple : fissures, fentes, trous, interstices dans les maçonneries, poutres ou linteaux, derrière les bardages, les volets, dans les charpentes, etc. D’autres chauves-souris (comme le Grand et le Petit Rhinolophe) préfèrent des espaces plus spacieux et y accèdent uniquement en vol : combles ou greniers, granges, cheminées inutilisées, caves obscures, souterrains, anciennes mines, etc. Une troisième catégorie de chauves-souris se satisfait des deux types d’habitat ci-dessus.
1 Mitchell-Jones A. J. et McLeish A. P., 2004
Le gîte de Behotte illustre bien les différents espaces conçus pour répondre aux besoins des chauves-souris, au fil des saisons et de leur cycle de vie.
Architecte : Maurice Schoofs
Entrepreneurs : Jérôme Lespagnard, Ets Dumont, Vincent Lesuisse.
Images du chantier : Marc Manandise.
Assistante : Aglae Forget.
Suivi de chantier : Pierrette Nyssen et Quentin Smits pour Natagora.
Images et réalisation : Frédéric Forget
Voix : Claudine Brasseur
Périodes d’occupations
Le cycle de vie des chauves-souris s’articule autour de la période d’activité des insectes et des températures saisonnières. Les espaces peuvent être occupés tant en été qu’en hiver. En été ou en cas de changement brusque de température, certaines espèces de chauves-souris ont tendance à « déménager » pour occuper l’endroit le plus confortable.
La période optimale pour faire des travaux dépend de l’utilisation saisonnière du gîte par les chauves-souris. Si elles sont potentiellement présentes, il est nécessaire de vérifier le type d’espèce de chauve-souris et de planifier les travaux avec l’aide d’un ou d'une spécialiste, pour réaliser les travaux en dehors des périodes d’occupation.
Des espaces peuvent être prévus en sous-sol, intégrés dans les murs ensoleillés ou à l’abri du soleil et en toiture pour offrir une grande variété de lieux d’accueil. Lorsque l’on prévoit des aménagements dans des combles, il n’est pas rare de créer un caisson isolé, appelé hot box, qui est particulièrement apprécié.
Législation autour des chauves-souris
Les chauves-souris sont strictement protégées.
Les législations sont très claires quant à l’obligation de la prise de mesures sévères pour la protection des chauves-souris !
Plus d'information sur la législation autour des chauves-souris sur le site Internet du Pôle Plecotus de Natagora
La Loi sur la Conservation de la Nature du 12 juillet 1973 indique que toutes les espèces reprises dans la liste de l’annexe 2 de la Convention de Berne sont intégralement protégées : ce qui est le cas des chauves-souris.
Cette protection implique notamment l’interdiction de : mettre à mort intentionnellement, capturer ou même perturber intentionnellement ces espèces (notamment durant la période de reproduction, de dépendance, d’hibernation et de migration), détériorer, ou détruire les sites de reproduction, les aires de repos ou tout habitat « naturel* » où vivent ces espèces à un des stades de leur cycle biologique.
Les chauves-souris occupent majoritairement les espaces bâtis par l’homme, c’est pourquoi les sites occupés dans le bâti sont devenus un habitat « naturel » qui doit être préservé.
Implications
→ Les travaux doivent être évités pendant la période de reproduction ou d’hibernation !
En effet, les chauves-souris sont très discrètes ! Même si vous n’avez pas détecté de traces, elles peuvent être présentes.
→ Un inventaire préalable devrait être systématiquement réalisé lorsque le risque de présence d’espèces est important.
Par exemple, en cas d’isolation des toitures, d'isolation à l’arrière des parements en brique, isolation des murs en présence de fissures ou de cavités.
Si le propriétaire, l'architecte ou l'entrepreneur ne trouvent pas de traces, il est vivement conseiller de faire appel à un expert. Consultez la page G07. Expertise et visite de terrain pour trouver un expert.
→ Lorsque des espèces protégées sont présentes, une demande de dérogation doit être introduite si les travaux sont susceptibles de perturber une espèce.
La demande de dérogation doit être introduite auprès du Service Public de Wallonie et jointe à la demande de permis d’urbanisme lorsque celui-ci est requis.
Vous trouverez plus d’informations sur les demandes de dérogation aux mesures de protection des espèces sur wallonie.be.
Comment aider les chauves-souris
- Si elles occupent déjà les lieux, apriori, il ne faut rien faire sinon vous risquez de les déranger. Des actions peuvent cependant être mises en œuvre pour améliorer leur environnement de vie : naturalisé le plus possible les espaces verts, réduire au maximum la pollution lumineuse (éclairage extérieur et par les fenêtres du bâtiment)...
- Si elles vous dérangent, contacter SOS Chauves-souris qui pourra trouver une solution pour améliorer la situation.
- Si vous envisagez des travaux :
- Réaliser un inventaire préalable pour identifier la présence ou non d’individus et planifier les travaux en conséquence en dehors des périodes sensibles.
- Envisager de créer des accès vers des espaces intérieurs appropriés, des aménagements adaptés et diversifiés, des anfractuosités et des cavités dans les parois ou dans les espaces intérieurs.
- Faire valider vos choix par un ou une spécialiste.
Pour consulter la page du Service SOS chauves-souris sur plecotus.natagora.be
Liste des mesures et aménagements favorables aux chauves-souris
Vous trouverez également les mesures et aménagements en images ci-dessous.
La liste des aménagements et mesures est longue. Pour vous aider dans votre projet, n'hésitez pas à remplir le questionnaire-conseils sur mesure qui va vous permettre d'avoir la liste des mesures adaptées à votre bâtiment, puis à contacter un ou une spécialiste pour valider vos choix techniques.
Plus d’informations sur les chauves-souris
- Guide pour l’aménagement des combles et clochers des églises et d’autres bâtiments — Région wallonne et Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique.
- Recueil d’expériences des aménagements pour une meilleure cohabitation chiroptères - homme en milieu bâti disponibles sur le site Internet du Groupe Mammalogique Breton
- L’Écho des Rhinos, Pôle Plecotus de Natagora
- Gîte pour chauve-souris, Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux — LRBPO