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MT07.cs Réserver une partie de la lame d’air pour les chauves-souris, au niveau de la coulisse à l’arrière d’un parement ou d’un bardage.

Certaines espèces de chauves-souris affectionnent les espaces vides et sombres à l'arrière d’un parement en brique, d’un bardage ou d'une couverture de toiture, au niveau d'un plancher horizontal, d'un balcon ou de débord de toiture. L'aménagement de la lames d'air/coulisses doit répondre à quelques impératifs pour une installation réussie.

Il s’agit le plus souvent de gîtes utilisés par des mâles solitaires, d’où l’importance de prévoir également des espaces pour les maternités dans des espaces plus grands lorsque c’est possible.

Il est à noter que les papillons et autres insectes pourront également y trouver refuge en été ou même pour hiberner en hiver.

Complexité technique

Cet aménagement est très facile à réaliser, mais nécessite certains points de vigilance d’une importance capitale pour favoriser l'installation des chauves souris et ne pas créer de piège mortel. 

Il faut assurer aux chauves-souris de pouvoir entrer, se déplacer et sortir librement de la coulisse et avoir un confort thermique suffisant :

  • Offrir une lame d’air présentant au minimum une face rugueuse sur toute la hauteur des parties accessibles, pour leur permettre de s’accrocher de façon continue sur les parois, avec un espace disponible de minimum 2,5 cm et de maximum 6 cm d’épaisseur.

Dans le cas où les parois sont trop lisses (des deux côtés) et lorsque tous les accès ne sont pas condamnés, il faut prévoir des possibilités de sortie en pied de versant.

  • Proscrire la présence de membrane non tissée souvent utilisée comme pare-pluie. En effet, ce sont de véritables pièges dans lesquels les chauves-souris se coincent les griffes et peuvent rester bloquées. Plus d'informations sur la page MT06.cs
  • Éviter les courants d’air, privilégier les accès par le bas de la coulisse (mais à 1 mètre du sol minimum), ce qui permet de garder un microclimat relativement chaud en période estivale, avec un gradient de température sur l’ensemble de la hauteur de la coulisse.

Les lames d’air favorables aux chauves-souris sont peu ou pas ventilées. Les lames d'air fortement ventilées ne conviennent pas.

Vigilance en cas de rénovation

  • Vigilance en cas de démontage du bardage, parement ou de la couverture

Attention : En cas de chantier de démontage des couvertures et bardages en ardoise, tuile, bois…, la lame d’air à l’arrière est toujours un gîte potentiel. Le démontage est à proscrire en cas de suspicion de présence animale, surtout en période d’hibernation ou de reproduction.

  • Vigilance en cas d'isolation à l'arrière du parement en brique ou de calorifugeage d'interstices

Le calorifugeage ou l’isolation thermique des interstices peut enfermer des espèces en été comme en hiver. Cela concerne tous les travaux de calorifugeage : lame d’air à l'arrière d'un parement en brique, conduit de cheminée ou tout interstice de plus de 2 cm de large (trous de ventilation…).

Concernant le remplissage de la lame d’air à l'arrière d'un parement en brique, il n'est pas toujours recommandé du point de vue thermique. Un certain nombre de conditions sont nécessaires : paroi non gélive, épaisseur suffisante, nombre de ponts thermique... Plus d'information : Isoler un mur creux par remplissage de la coulisse, sur energieplus-lesite.be

Préconisations

  • Réaliser une endoscopie ou un comptage en émergence pour détecter la présence d’animaux avant les travaux.
  • Éviter de réaliser ce type de travaux pendant la période d’hibernation, car même si aucune espèce n’est repérée, des chauves-souris peuvent être présentes. 

Dimensions et points d'attention

Orientation et microclimat

Toutes les orientations sont intéressantes, car le maître mot est diversité ! En effet, les chauves-souris ont des besoins différents, elles apprécient changer d'endroit sur une même journée. 

En été, les femelles de certaines espèces se regroupent et cherchent des espaces chauds pour installer leur maternité. À la même période, certains mâles cherchent à s’isoler. En hiver, les chauves-souris cherchent à se protéger du gel, elles peuvent occuper des espaces intérieurs (greniers), des lames d’air, des espaces hypogés (caves, grottes, cavités souterraines…). 

Les chauves-souris aiment les labyrinthes avec des compartiments qui offrent différents microclimats suivant les matériaux utilisés, leur largeur, leur niveau d'aération et leur orientation. Les différents compartiments sont reliés entre eux par des passages à l'arrière du bardage ou de la couverture afin de permettre aux chauves-souris de circuler sans devoir ressortir à l'extérieur. 

Matériaux de part et d’autre de la lame d’air

Type de pare-pluie et de sous-toiture

  • Les membranes pare-pluie en textile non tissé ou sous-toitures en textile non-tissé sont à proscrire, car elles se révèlent être des pièges mortels pour les chauves-souris.
  • Les panneaux pare-pluies rigides en fibre de bois compressé sont à privilégier pour des raisons de durabilité dans le temps.
  • Les membranes tissées conviennent également. 

Plus d'informations sur la page MT06.cs Proscrire l’utilisation des membranes pare-pluie en textile non-tissé pour éviter de piéger des chauves-souris.

Condamner les accès en cas de présence d’une membrane en textile non-tissé

En cas de présence d’une membrane en textile non tissé, tous les accès de plus de 5 mm doivent être soigneusement fermés, car certaines pipistrelles parviennent à se glisser dans des fentes de 5 mm de large.

Cette fermeture peut, par exemple, être réalisée par le placement de grilles à insectes.

Type de surface

Il est important qu'une des deux surfaces soit rugueuse.

Dans un espace étroit, les chauves-souris ne peuvent pas voler. Elles doivent donc impérativement pouvoir s’accrocher pour ne pas glisser dans le bas de la coulisse et risquer de se blesser ou de s’y retrouver piégées.

Il faut une continuité de possibilités d’accroche, depuis l’entrée vers la coulisse jusque dans le moindre de ses recoins.

Les chauves-souris doivent aussi pouvoir s’accrocher pour se suspendre, soit latéralement, soit sur la face supérieure du volume occupé. Il faut donc des matériaux rugueux.

Lorsque les deux faces de la coulisse sont rugueuses, le confort est optimal pour les chauves-souris. 

Si les deux surfaces sont lisses, il est nécessaire de prévoir une sortie. Plus d'information sur la page MT08.cs. Intégrer des sorties pour éviter de piéger les espèces animales dans une coulisse trop lisse.

Surfaces convenant aux déplacements des chauves-souris

  • Bois brut de sciage non traité.
  • Maçonneries rugueuses (au niveau des matériaux et des joints) de pierres, de béton ou de briques.
  • Panneaux MDF brut.
  • Panneaux en bois rainurés horizontalement en surface.
  • Panneaux de sous-toiture en fibres de bois. 
  • Les panneaux pare-pluie rigide en fibre de bois.
  • Grillage, s'il est parfaitement placé contre une surface lisse. 

L’installation de grillages est une solution pour permettre de rendre accessible une paroi lisse aux chauves-souris. Il faut cependant veiller à respecter les critères : 

  1. La maille doit être carrée, les grillages à maille hexagonale sont à proscrire.
  2. Le grillage doit-être placé contre la paroi, au plus proche, car les espaces entre la paroi et le grillage doivent être évités à tout prix pour ne pas créer de pièges.

Surfaces à proscrire  

  • Panneaux isolant rigide avec finition lisse du côté de la lame d'air.
  • Panneaux marins et autres panneaux lisses (pas d’accroche, les chauves-souris glissent au fond de la coulisse).
  • Membranes en textile non tissé (piège potentiellement mortel).
  • Couvertures et les bardages entièrement étanches à l’air comme les ardoises bitumineuses (problème de condensation, espace malsain).
  • Bois traités.

Type d’espaces créé par les lattes et chevrons

Généralement, un lattage vertical est placé avant le contre-lattage horizontal. 

Afin de réduire les courants d’air et de prévoir une diversité de microclimat, il est possible par exemple de :  

  • Placer des chevrons ou des lattes horizontales en décalé comme sur l’exemple à Modave
  • Placer des chevrons en oblique à certains endroits, de cette manière : / \ / \.
  • Intercaler des planchettes pour réduire l’épaisseur de la lame d’air à certains endroits.
  • Refermer certaines parties en laissant un accès par le bas à l’instar des micro-gîtes qui peuvent être proposés à l’intérieur des bâtiments.
  • Placer des gîtes en béton de bois accessibles par le bas ou latéralement

Plaques anti-franchissement

Il peut s’avérer intéressant de placer des plaques anti-franchissement derrière un bardage ou une couverture pour limiter l'accès à une partie de la lame d'air (cloisonnement). 

Si un cloisonnement est prévu, privilégier un volume s’étalant en hauteur pour permettre une variété de microclimats.

Les exemples de plaque anti-franchissement en inox qui permettent de cloisonner la lame d'air à l'arrière d'une couverture en tuile proviennent du recueil d’expérience des aménagements pour une meilleure cohabitation chiroptères — homme en milieu bâti, Tome 2, SFEPM, Bourges — décembre 2019 / Crédit photo et intervenant dans la réalisation de cet aménagement : CPEPESC Lorraine 

Accès

Type d'accès

  • Attention, le pourtour des ouvertures doit être exempt de bord tranchant et pas trop lisse afin de permettre une accroche pour éviter que les chauves-souris ne tombent à l’atterrissage ou au décollage. 

Dimensions minimales des ouvertures pour les accès à une lame d'air

L'idéal est de prévoir un accès 6 x 3 cm de haut pour créer un passage tant pour les petits oiseaux que pour les chauves-souris.

L'accès doit-être réalisé dans un matériau rugueux pour que les espèces puissent s’agripper : brique, bois non traité. Sinon il faut prévoir un accès plus grand pour que les espèces puissent y accéder en vol directement (40 x 6 cm).

  • Les plus petites chauves-souris fissuricoles comme la Pipistrelle commune peut se suffire de 4 x 1 cm.
  • Des chauves-souris fissuricoles plus grandes telles que la Sérotine : 4 x 2 cm 
  • Si des cavités plus grandes sont présentes derrière les bardages, nous recommandons de prévoir des ouvertures de 6,4 x 3,2 cm.
  • Attention de ne pas dépasser 6 cm de hauteur pour limiter l'accès aux pigeons et à certains prédateurs tels que les fouines.

Emplacement des accès

  • Éviter de placer les ouvertures au-dessus des baies de fenêtre ou de porte

Il faut prévoir que des déjections risquent de tomber en dessous des points d’accès. S'il s'agit de déjections de chauves-souris, elles sont très sèches, très petites (taille d’un grain de riz) et peu salissantes, parce qu'elles sont principalement composées de chitine des insectes qu’elles ont ingérés. Leur présence au niveau des points de sortie ne nécessite pas d’aménagement particulier ni de protection spécifique à l’extérieur parce qu'elles sont rapidement emportées par la pluie.

  • Prévoir au moins 2 accès

Il est intéressant de prévoir au moins 2 accès, mais vous pouvez en prévoir plus, surtout si vous prévoyez de créer un "labyrinthe" pour proposer plusieurs microclimats aux chauves-souris. 

  • Hauteur des accès à min 2 m

Les chauves-souris se jettent dans le vide pour ensuite ouvrir leurs ailes, les accès doivent être protégés des prédateurs et être placés à minimum 2 m idéalement 2,5 m, voire 3 m du sol.

  • Veiller à ne pas créer de courant d'air trop important

Faire en sorte que la lame d’air ne soit pas ventilée de manière excessive, par exemple : 

- Ne pas placer d’ouvertures les unes au-dessus des autres pour éviter un tirage thermique élevé.

- Si les ouvertures d’accès dans la façade sont placées suffisamment bas dans la coulisse, cela va permettre de créer plusieurs microclimats différents sur toute la hauteur du parement ou du bardage.

  • Éviter de placer les ouvertures à proximité d'une source de pollution lumineuse.

Les chauves-souris sont dérangées par la lumière artificielle. Il convient de proscrire les points lumineux dirigés directement vers les points d’accès à la coulisse et d'éviter la proximité avec les grandes baies vitrées susceptibles d'éclairer les espaces extérieurs.

  • Placer les ouvertures devant un espace dégagé

Privilégier les accès du côté des espaces dégagés et des jardins augmente les chances d’occupation. De même, les haies et lisières de forêt à proximité favorisent la circulation des chauves-souris. Toutefois, si elles se trouvent directement devant l’ouverture, l’exposition aux prédateurs volants qui attendent leur proie sera plus importante.

  • Éviter les ouvertures au-dessus des portes et fenêtres

Il convient d’éviter de placer des accès juste au-dessus des portes et fenêtres, car la présence d’excréments des chauves-souris n’est pas à exclure. Mais dans ce cas, il est possible de placer des planchettes de protection à minimum 1 m sous les accès, pour empêcher le guano de tomber à un endroit dérangeant pour les occupants du bâtiment.

  • Placer une plaque anti-prédateur autour de l'ouverture d'accès

Outre la situation des accès (hauteur et emplacement), il est possible de prévoir une protection supplémentaire par rapport aux prédateurs (fouines...) : placer autour des accès une plaque lisse (de 50 x 50 cm, jusqu’à 1m si un raton laveur est susceptible d’y accéder), tout en veillant à ce que le pourtour de l'accès, en lui-même, reste rugueux. 

Planchette anti-fiente

Il est possible de placer des planchettes de protection à minimum 1 m sous les accès, pour empêcher le guano de tomber à un endroit dérangeant pour les occupants du bâtiment.

Configuration 1 : Lame d’air verticale derrière un bardage non ajouré (bois, ardoise…)

Les chauves-souris utilisent l’espace entre le mur (isolé ou non, en structure bois, en maçonnerie…) et le bardage extérieur (protection du mur contre la pluie).

La plupart des bardages conviennent (en bois, en ardoise, en tuile...) à l'exception des bardages ajourés, qui sont trop ventilés pour fournir un gîte adapté aux chauves-souris et n'offrent pas de gîtes dans l'obscurité et des bardages métalliques, la chaleur derrière ce type de bardage y est trop élevée.

 

 

Cloisonnement des espaces à l'arrière des bardages

Lorsque c'est possible, le lattage peut être placé en entonnoir afin de réduire les courants d'air, de créer un microclimat intéressant à l'arrière du bardage.

Création d'un coyau pour intégrer des accès au pied de versant

Le coyau est un élément d'architecture intéressant pour donner accès aux chauves-souris à la lame d'air située à l'arrière du bardage.

Configuration 2 : coulisse derrière un parement en brique

Les coulisses derrière un parement en brique sont très appréciées par les chauves-souris.

Cet espace offre une meilleure stabilité de température que les lames d'air à l'arrière des bardages et couvertures. Il suffit de créer des accès suivant les recommandations décrites ci-dessus.

Il est tentant d'isoler cette lame d'air, mais cela n'est pas toujours recommandé, car il faut respecter un certain nombre de conditions (paroi non gélive, épaisseur suffisante, nombre de ponts thermiques...). Il faut s'assurer de la non-présence d'espèces, voir plus haut.

Exemple : Havrenne : réalisation de cavités et coulisses accueillantes dans les murs

Exemple

Havrenne : réalisation de cavités et coulisses accueillantes dans les murs

Configuration 3 : Lame d’air derrière une couverture de toiture (ardoise ou tuile)

Les accès dans la pente de toiture offrent une moins bonne protection contre les prédateurs et devraient être réservés aux sites d'hibernation.

L'espace situé juste en dessous de la couverture de toiture est intéressant pour les chauves-souris, à condition que le pare-pluie soit adapté (voir plus haut). 

Si le pare-pluie est adapté, il n'y a pas de risque que les chauves-souris l’abîment.

Lorsque la paroi n'est pas isolée et que les combles sont occupés par une chambre à coucher, le bruit des chauves-souris qui circulent peut-être gênant (surtout au mois de juillet lorsque les jeunes sont actifs et pas encore volants). Dans ce cas, il est possible de :

  • isoler la paroi thermiquement et acoustiquement, 
  • limiter l'accès à une partie de la lame d'air par le placement de plaque anti-franchissement, pour éviter que les chauves-souris ne gîtent au-dessus des chambres les plus occupées.

Les accès à la lame d'air derrière une couverture de toiture peuvent être placés :

  • en pied de versant,
  • par la rive du mur pignon,
  • par la faîtière,
  • par une chatière au niveau de la couverture…
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