G16. Éviter de créer des pièges pour les animaux.
Que ce soit en construisant du neuf ou en rénovant, il importe d’être attentif à ne pas installer de pièges pour la faune indigène. Pour toute cavité accessible (dans laquelle un mammifère, un oiseau, un batracien ou un invertébré parvient à se glisser) il faut qu’il y ait une possibilité d’échappatoire. Parfois ce ne sont pas les cavités mais les types de matériaux utilisés qui sont des pièges pour la faune. Parmi les pièges mortels, on retrouve notamment les cavités et les coulisses aux parois lisses sans ouverture dans le fond, les membranes pare-pluie en textile non-tissé, les points d’eau sans « échelle » pour remonter.
Marche à suivre
1. Protéger les espèces déjà présentes
2. Favoriser la circulation des espèces
3. Protéger les espèces de la prédation
4. Éviter de créer des nuisances et des pièges
- Limiter les risques au niveau des cavités-pièges potentielles
- Éviter de placer certains nichoirs en bois à l’extérieur
- Prendre des mesures lors du chantier
- Prendre des mesures pour limiter les nuisances et prévoir les travaux de maintenance
- Éviter les produits toxiques ou répulsifs pour traiter les matériaux
- Limiter les risques au niveau des points d’eau
- Réduire les surfaces lisses
- Réduire les risques de collision sur les vitrages et les parois lisses réfléchissantes
- Limiter la pollution lumineuse
1. Protéger les espèces déjà présentes
Certaines espèces sont plus discrètes que d’autres, c’est pourquoi il est nécessaire de prendre des mesures également en cas de présomption d’occupation par une espèce protégée.
Un inventaire préalable devrait être systématiquement réalisé lorsque le risque de présence d’espèce est important. Par exemple : isolation des toitures ou à l’arrière des parements en brique, murs avec présences de fissures ou de cavités…
Plus d’informations :
2. Favoriser la circulation des espèces
Le morcellement du territoire implique une difficulté pour les espèces animales à circuler et influe donc négativement sur la préservation de leur bagage génétique sur le long terme. Pour chaque espèce, il convient de connaître ses modes de déplacement et ses besoins qui y sont liés pour réaliser un aménagement du territoire permettant de remettre du lien entre les différents sites occupés et éviter la fragmentation du territoire.
On pourra prévoir, par exemple :
- des ouvertures de minimum 20 x 10 cm, dans les murs et clôtures, pour permettre le passage d’espèces telles que les hérissons ;
- des zones et/ou des couloirs non éclairés ;
- une continuité des espaces végétalisés (haies, sous-bois…) d’une parcelle à l’autre ;
- l'installation d'écuroducs...
Chaque maillon du territoire a son importance et participe à la cohérence de l’ensemble.
3. Protéger les espèces de la prédation
Réaliser des aménagements protégés des prédateurs. Prévoir des accès sécurisés. L’espace devant les accès doit être très dégagé. Éviter les arbres, les murs rapprochés, les plantes grimpantes qui permettent un accès facile aux prédateurs.
Il est primordial de respecter les points d’attentions pour chaque aménagement.
4. Éviter de créer des nuisances et des pièges
4.1. Limiter les risques au niveau des cavités-pièges potentielles
Toute une série de cavités et d'interstices est concernée. Il s’agit donc d’effectuer les vérifications préalables et de prendre les mesures pour éviter de piéger ces animaux.
- Poser un grillage, largeur des mailles 5 mm, au niveau des cheminées et gaines de ventilation,
- Poser des crapaudines dans les gouttières,
- Obturer les poteaux (de 5 à 40 cm de diamètre),
- Prévoir des rampes ou échelles pour permettre de remonter depuis les caves, cours enclavées…
- Éviter de condamner des animaux déjà installés dans les interstices, cavités, coulisses…
Plus d’information sur la page G10.R.
- Intégrer des sorties pour éviter de piéger les espèces animales dans une coulisse trop lisse.
L’idéal est de créer des coulisses accueillantes avec au moins une des deux surfaces rugueuses. Mais lorsque ce n’est pas possible, intégrer des sorties en pied de coulisse permet d’éviter de piéger les espèces animales.
Plus d’information sur la page MT08.cs
- Proscrire l’utilisation des membranes pare-pluie en textile non tissé pour éviter de piéger des chauves-souris.
Les membranes pare-pluie en textile non tissé sont de véritables pièges mortels pour les chauves-souris qui s’y accrochent pour grimper le long de la paroi. En effet, elles se retrouvent piégées, griffes et doigts emmêlés dans l’épaisseur de la membrane.
Plus d’information sur la page MT06.cs
- Utiliser des volets roulants sans nuire aux chauves-souris.
Attention, les volets roulants sont fréquemment des pièges pour les chauves-souris qui aiment s’installer dans des petites cavités en tout genre, mais peuvent y être écrasées.
Plus d’information sur la page F02.
Plus d’information sur la publication éditée par l’ASPAS et la LPO — Supprimons les cavités dangereuses pour la faune.
4.2. Éviter de placer certains nichoirs en bois à l’extérieur
Sur le marché, on trouve de nombreux nichoirs en bois non adaptés à l'utilisation en extérieur. Ils peuvent, dans ce cas, devenir des pièges pour leurs hôtes.
Soit privilégiez les cavités intégrées, ou choisissez des nichoirs en terre cuite, en béton de bois ou en bois, mais bien conçu avec une couverture suffisante, si ceux-ci ne sont pas placés sous une corniche ou un débord. Choisissez du bois non traité, résistant ou traité avec un produit naturel tel que l'huile de lin par exemple.
En effet, sous nos climats, les nichoirs en bois se détériorent rapidement, les systèmes de fixation rouillent, les animaux sont soumis aux courants d’air, à la pluie. Plusieurs études ont démontré l’importance du confort thermique du gîte pour la réussite des nichées pour les oiseaux et du taux d’occupation pour les chauves-souris. De plus, si le fond du nichoir ou le nichoir lui-même tombe en période de nidification, il devient un piège.
Les nichoirs en bois seront réservés aux endroits abrités, accessibles et surveillés régulièrement, par exemple les débours de toitures ou l’intérieur des granges et greniers.
Plus d'informations à ce sujet dans la foire aux questions : Pourquoi les nichoirs intégrés doivent-être privilégiés par rapport à ceux posés en applique ?
4.3. Prendre des mesures lors du chantier
Prendre des mesures lors du chantier : faire un état des lieux de présence d’espèces, privilégier les techniques les plus respectueuses, protéger certaines zones du chantier pour, par exemple, protéger les racines d’arbres, éviter le tassement des terres par le passage d’engin ou l’entreposage de matériau, prévoir un suivi régulier pour détecter les cavités-piège en cours de chantier…
Il y a une série de recommandations importantes à prendre, celles-ci sont reprises dans le guide « Comment concilier nature et chantier urbain ? » disponible sur le site biodiversiteetbati.fr.
Plus d’informations
- Planifier le chantier de construction neuve pour limiter son impact sur la nature.
Plus d’information sur la page G07.N.
- Planifier le chantier de rénovation pour limiter son impact sur la nature.
Plus d’information sur la page G08.R.
4.4. Prendre des mesures pour limiter les nuisances et prévoir les travaux de maintenance
Prendre des mesures pour limiter les nuisances et prévoir les travaux de maintenance : entretenir les toitures plates, prévoir les tailles hors des périodes de nidification (haies, arbustes, plantes grimpantes…).
4.5. Éviter les produits toxiques ou répulsifs pour traiter les matériaux.
Les espèces animales sont sensibles à la présence de pollution : peintures, solvant, herbicides, fongicides, insecticides...
Éviter de stocker ces produits dans les espaces intérieurs qui sont accessibles à la faune.
Proscrire l'utilisation de raticides et autres produits qui peuvent s'accumuler dans la chaîne alimentaire.
Éviter les produits toxiques ou répulsifs pour traiter les matériaux utilisés, surtout ceux susceptibles d’être en contact direct avec les espaces occupés (humains et animaux).
Plus d’informations
- Éviter de polluer un espace intérieur accessible pour la faune.
Plus d’information sur la page P02
- Éviter de traiter les charpentes et autres boiseries ou utiliser des solutions plus respectueuses pour de la faune et moins nocives pour la santé des occupants.
Plus d’information sur la page P03.
4.6. Limiter les risques au niveau des points d’eau
Limiter les risques au niveau des points d’eau : éviter les risques de noyades en prévoyant des rampes ou filets au niveau des points d’eau (mare artificielle, abreuvoir, bassin, piscine, citernes, etc.).
4.7. Réduire les surfaces lisses
Réduire les surfaces lisses et apporter plus de relief pour limiter les nuisances sonores et faciliter le déplacement de certaines espèces tel que les chauves-souris.
4.8. Réduire les risques de collision sur les vitrages et les parois lisses réfléchissantes.
Concevoir judicieusement ou limiter la surface des vitrages et parois réfléchissante permet de réduire les risques de collisions pour les oiseaux et de pollution lumineuse pour les chauves-souris et les insectes.
- Éviterles surfaces vitrées et réfléchissantes problématiques, proscrire l’utilisation de :
- paroi transparente isolée ;
- éléments en verre ou en métal fortement réfléchissants ;
- grande surface vitrée laissant passer les vues jusqu’à l’extérieur (pas d’angles vitrés, de cage d’escalier ou d’ascenseur extérieur vitrée…)
- Marquer les surfaces vitrées inévitables : utiliser des solutions classées hautement efficaces pour éviter les collisions : Vitres nervurées, cannelées, dépolies, sablées, satinées, corrodées, teintées, imprimées. Pose d’un grillage, filet synthétique, ficelles. Pose de points adhésifs, marquages artistiques. Vitrage moins réfléchissant (degré de réflexion max. 15 %). Vitrage opaque, cathédrale, pavés de verre, plaques alvéolaires ou autres matériaux opaques. Fenêtres croisillons, fenêtre de toit plutôt que fenêtre sur le côté, surfaces vitrées inclinées plutôt qu’à angle droit, vitres posées en retrait (balcon) plutôt qu’en continuité de la façade…
Plus d’informations :
- Page F01.
- Publications éditées par la Station ornithologique suisse et vogelwarte.ch : Les oiseaux, le verre et la lumière dans la construction et « Oiseaux et vitres : éviter les collisions ».
4.9. Limiter la pollution lumineuse.
Proscrire les éclairages à proximité des plans d’eau et réduire au strict nécessaire les autres. Réduire les nuisances de l’éclairage intérieur vers l’extérieur.
Plus d’informations sur la page P01.