G14. Planifier le chantier pour limiter son impact sur la nature.
Différents points sont à examiner et à prendre en compte dans la réalisation du chantier d’une construction pour éviter de perturber la faune indigène présente. Par exemple, en préservant les espaces verts autour du chantier ou en empêchant l’installation d’animaux sauvages dans des lieux destinés à l’usage exclusivement humain.
Voici une liste succincte des recommandations pour protéger la faune lors du chantier
- Localiser les activités loin des zones d’habitat de la faune.
- Éviter le travail nocturne et les périodes de nidification (de mars à août pour la plupart des espèces d’oiseaux et de mars à fin octobre pour les chauves souris).
- Intégrer des abris pour la faune.
- Faire attention à ne pas créer de pièges pour les animaux.
- Limiter TOUTE pollution, notamment sonore et lumineuse.
- Aucun déchet ne sera laissé sur place (matériaux, emballages, reste de plâtre ou ciment, canettes, mégots de cigarette…).
- Déterminer la valeur écologique du site
- Limiter les zones impactées par les travaux et éviter de compacter les sols
- Protéger les zones sensibles
- Nettoyer les machines avant d’entrer sur le chantier afin d’éviter la contamination par des espèces invasives.
- Éviter de propager les espèces invasives présentes sur le site.
Mesures : Déterminer la valeur écologique du site
Il est primordial de déterminer la valeur écologique du site par la réalisation d’un rapport ou étude d’incidences environnementales ou avec l’aide d’un ou d’une spécialiste habilitée (Natagora par exemple). Si le site est à proximité d’un site protégé (Natura 2000), le rapport d’incidence contenant des recommandations est obligatoire.
Les zones identifiées comme « zone à haute valeur écologique » nécessitent la mise en place de mesures spéciales de protection, lors de la phase du chantier et d’utilisation du bâtiment. Des dérogations sont possibles dans certains cas, par exemple en cas de risque pour la sécurité des ouvriers.
Mesures : Réaliser un plan d’installation de chantier pour délimiter les zones à préserver
Limiter les zones impactées par les travaux permet notamment d'éviter de compacter les sols. Le compactage des sols peut avoir des incidences sur plusieurs années. La restauration d’habitats naturels sur un sol compacté peut-être longue.
L’impact dû au piétinement, passage d’engin et stockage de terre, de matériel et matériau, sur les zones imperméables devra être limité le plus possible afin de préserver les sols.
Éviter le compactage des sols par les engins de chantier. Pour ce faire, réaliser un plan d’installation de chantier pour délimiter les zones à préserver.
Ces espaces devront être déterminés et implantés de manière à ce qu’ils soient protégés tout au long du chantier.

© Augustin BONNARDOT et Laure PIEDLOUP, C.A.U.E.-77
Mesures : Protéger les zones sensibles
Durant les travaux, les zones sensibles seront évidemment protégées de manière adéquate contre toute destruction et dégradation et en particulier du passage de tout engin ou dépôt de terre, de matériel et de matériaux. La pose d’une clôture est indispensable pour éviter tout incident.
Les dégâts occasionnés aux racines lors de chantiers prenant place à proximité d’arbres peuvent être conséquents et provoquer des problèmes sanitaires par la suite. Ces dommages sont de plusieurs natures :
- Tassement du sol par le passage de voitures et engins de chantier.
- Tassement et modification des caractéristiques chimiques du sol par stockage de remblais.
- Modification du régime hydrique de l’arbre par drainage ou au contraire par apport d’eau.
- Amputations et dégâts sur les racines provoquant un affaiblissement de l’arbre et une diminution de son ancrage.
- Pollution accidentelle du sol par des substances toxiques, typiquement par des hydrocarbures.
Afin d’éviter ces dégâts, il est préconisé de respecter le schéma de principe illustré ci-dessous lors de travaux. La zone très sensible comprend le tronc, le collet, la racine pivotante et les racines secondaires principales. La zone sensible est soit limitée à une distance du tronc de 4 fois la circonférence OU à l’aplomb du houppier (la plus grande des deux surfaces doit être choisie).
Il y a plusieurs manières de protéger ces zones :
- Soit avec une grille de protection autour du tronc de l’arbre à 2 m de hauteur et des plaques de roulage tout autour au niveau de la zone sensible (circonférence du tronc x 4).
- La pose d’une clôture autour de la zone sensible. Cette solution est moins coûteuse et permet de mieux visualiser la zone à risque et de limiter l’accès.
Mesure : Nettoyer les machines avant d’entrer sur le chantier afin d’éviter la contamination par des espèces invasives.
Afin d’éviter tout risque de contamination de la zone par des plantes exotiques invasives par le transport de terres (en particulier pour les renouées asiatiques), il est demandé qu’un nettoyage des machines soit réalisé avant d’entrer sur le chantier.
Mesures : Éviter de propager les espèces invasives présentes sur le site.
Les espèces invasives présentes sur un chantier doivent toujours faire l’objet d’une attention particulière afin de prendre des mesures pour les éliminer ou, tout du moins, limiter leur expansion.
Les chantiers créent malheureusement souvent des milieux propices au développement d’espèces exotiques envahissantes. Ce sont des espèces introduites par l’homme hors de leur aire de répartition naturelle, qui arrivent à survivre et à se reproduire dans ce nouvel environnement et finissent par y concurrencer la faune et la flore indigène. Ces espèces peuvent dans certains cas causer d’importantes dégradations aux milieux naturels et semi-naturels où elles s’installent. Il est donc important de ne pas les laisser s’implanter dans de nouveaux sites autant que possible.
La problématique liée à ces espèces est bien développée sur le site Internet biodiversite.wallonie.be.
En cas de suspicion d’apparition d’une de ces espèces, il est recommandé de contacter un ou une spécialiste le plus rapidement possible afin d’établir un plan de gestion adéquat en fonction de l’espèce, de la surface concernée…
La gestion d’une population de plante invasive doit toujours s’envisager sur le moyen ou le long terme. La lutte doit souvent être menée de manière rigoureuse durant plusieurs années consécutives pour pouvoir s’en faire quitte. Ce laps de temps est nécessaire pour épuiser progressivement tout le stock de graines contenu dans le sol et pour venir à bout de la capacité de multiplication végétative de la plante. Il est donc indispensable de mettre en place un suivi régulier des parcelles gérées.
Source : biodiversite.wallonie.be
Pour en savoir plus
Une liste de recommandations intéressantes est reprise dans l’article Limitation de l’impact du chantier sur la biodiversité publié sur le site Internet du Guide Bâtiment Durable de Bruxelles Environnement.
Guide Comment concilier nature et chantier urbain ? disponible sur le site biodiversiteetbati.fr