Insectes
Ces indispensables !
Insectes en danger !
Une étude allemande1 publiée fin 2017 montre l’érosion de la vie sauvage, et souligne notamment que l’Europe a perdu plus de 75 % de la biomasse d’insectes volants en moins de 27 ans dans les espaces protégés telles les réserves naturelles :
« La perte d’insectes aura certainement des effets néfastes sur le fonctionnement de l’écosystème, car les insectes jouent un rôle central dans divers processus ». Citons par exemple les insectes pollinisateurs, herbivores, détritivores. Ils font partie du cycle des nutriments et « sont source de nourriture (…) pour les oiseaux, les mammifères et les amphibiens. Par exemple, on estime que 80 % des plantes sauvages dépendent des insectes pour la pollinisation, tandis que 60 % des oiseaux dépendent des insectes comme source de nourriture. Les services écosystémiques rendus par les insectes sauvages ont été estimés à 57 milliards de dollars par an aux États-Unis. De toute évidence, la préservation de l’abondance et de la diversité des insectes devrait constituer une priorité absolue en matière de conservation. »
Les insectes sont à la base de la chaîne alimentaire de la majorité des autres espèces animales. Les protéger c’est assurer un garde-manger direct pour nombre d’oiseaux, de batraciens, de chauves-souris.
Le nombre d’espèces d’insectes est énorme. Il y a 15 965 proposées à l'encodage sur observations.be en 2024, ce nombre est clairement inférieur au nombre d'espèces connues, qui est également bien en deçà du nombre d'espèces réel en Belgique.
Il y a une très grande diversité d'espèces : diurne, nocturnes, volants, rampants, colorés, ternes, solitaires ou sociaux… Leurs caractéristiques communes : petits êtres vivants à 6 pattes, corps segmenté en 3 parties. Ils sont pour la plupart inoffensifs et pourtant peu de gens les aiment.
Permettre aux insectes de proliférer nécessite de leur offrir un abri, de quoi manger et une protection.
Confusions
Les araignées, cloportes et mille-pattes ne sont pas des insectes. Pourtant, ils sont tout aussi importants pour les équilibres de la nature. On en parlera implicitement dans cet article quand on parle d’insectes et Cie. Par extension, nombre d’aménagements proposés pour les insectes leur conviennent également.
Insectes et Cie autour et dans le bâti
En principe, les petites bêtes n’ont rien à faire dans nos espaces de vie. S'ils vous incommodent, remettez les simplement dehors, c’est moins onéreux et meilleur pour votre santé que de les asperger de pesticides.
Et pour ceux qui ont peur de toucher un insecte ou une araignée… comment les faire sortir de sa maison ? Simplement un verre retourné posé dessus, on glisse une feuille cartonnée par-dessous pour les déplacer et le tour est joué !
Il est intéressant de leur offrir des abris variés à l’extérieur de la maison, aux abords immédiats ou dans les parois extérieures. La diversité de gîtes est importante pour répondre aux besoins divers d’espèces très différentes : un simple tas de broyat ou de branchages est déjà une mine d’or, un muret en pierres sèches, un talus de sable ou d’argile ensoleillé, des joints à la chaux dans une maçonnerie de briques ou de pierres…
Pour leur nourriture, rien de tel que d’offrir des espaces d’espèces végétales indigènes variées avec de préférence quelques coins « sauvages » : une prairie fleurie, une façade végétalisée, une toiture végétale, quelques fruitiers, une partie du jardin en fauchage tardif au lieu de la tonte hebdomadaire…
Pour respecter et rester bienveillant vis-à-vis de ces petites bêtes, on peut gérer les terres durablement, préserver ou restaurer les habitats naturels, bannir l’utilisation de pesticide et ne pas les déranger trop souvent. Par exemple, si une prairie doit être fauchée, diviser le travail en plusieurs temps permet à la faune de garder constamment un refuge et des sources de nourriture. Une fois la repousse bien entamée, on peut faucher la suite… L’observation en conscience permet de trouver des solutions dans bien des cas.
À l’approche de l’hiver, les insectes et autres invertébrés recherchent un gîte pour passer la mauvaise saison à l’abri du froid. Ils peuvent ainsi se réfugier dans une cave, un grenier, derrière un bardage ou tout autre aménagement spécialement conçu pour eux…
Zoom sur quelques familles d’insectes
Coléoptères
La famille des coléoptères regroupe une grande quantité d’insectes aux élytres durs qui protègent leurs ailes sur l’abdomen, formant ainsi une sorte de carapace sur le dos. Comme pour d’autres insectes, cette famille comporte un certain nombre d’espèces qui cherchent une cavité pour passer l’hiver, notamment parfois dans et autour du bâti.
Papillons
Les lépidoptères sont bien souvent les insectes préférés. Certains sont diurnes, d’autres nocturnes, de couleurs ternes ou vives… Leurs chenilles se nourrissent de végétaux et les adultes vivent peu de temps.
Beaucoup de papillons cherchent une cavité à l’abri des intempéries pour passer l’hiver : intérieur des espaces non chauffés des bâtiments, fissures, murs en pierres sèches, arrière d’un bardage, creux dans un arbre, etc.
Installer une prairie fleurie ou des coins sauvages fleuris est favorable au retour des papillons dans nos jardins.
Syrphes
Cette mouche inoffensive, championne en vol stationnaire, échappe à la prédation en adoptant des couleurs jaune et noir, comme les guêpes et les abeilles. Si l’adulte se nourrit essentiellement de nectar des fleurs, sa larve, bien utile au jardin, est un grand prédateur des pucerons, plus encore que la larve de coccinelle. Le syrphe hiverne dans des petites cavités des murs, dans des tas de branches ou d’écorces.
Abeilles
On a répertorié près de 20 000 espèces d’abeilles sur terre. On connaît bien l’Abeille domestique (Apis mellifera) pourtant, on estime à 350 le nombre d’espèces sauvages en Wallonie dont 47 sont protégées3. Certaines vivent en colonie et d’autres sont solitaires. ou vivent en petites colonies dans de divers habitats en fonction de l’espèce : cavités et fissures existantes dans du bois mort, des murs, ou en toiture, galeries dans le sol… Les habitats varient en fonction de l’espèce : cavités et fissures dans du bois mort, des murs, ou en toiture, galeries dans le sol…
Les abeilles font partie des insectes mellifères, c’est-à-dire ceux qui cherchent du pollen et du nectar dans les fleurs. En cela, elles sont indispensables à la reproduction des végétaux.
Et pour ceux qui ont peur d’être piqués ? Les abeilles sont en principe inoffensives tant qu’on ne les dérange pas et qu’on ne tourne pas autour de la ruche. On peut facilement prendre sur sa main une abeille trouvée au sol. Tant qu’on ne la brusque pas et qu’on ne la serre pas entre les doigts, en la laissant simplement marcher, elle ne fera rien.
Et pour ceux qui ont peur d’être piqué ? Les abeilles sont en principe inoffensives tant qu’on ne les dérange pas et qu’on ne tourne pas autour de la ruche. On peut facilement prendre sur sa main une abeille trouvée au sol. Tant qu’on ne la brusque pas et qu’on ne la serre pas entre les doigts, juste la laisser marcher, elle ne fera rien. Les abeilles sont attirées par le nectar des fleurs ou par le miel. À moins de prendre le petit déjeuner au jardin en laissant le pot de miel ouvert 2 h en été, il y a peu de chance de les attirer.
Plusieurs espèces d’abeilles solitaires occupent les cavités. C’est le cas par exemple de l’Osmie cornue surnommée « abeille maçonne », car elle maçonne littéralement des cloisons dans une cavité. Pour chaque cellule créée et avant de la sceller, elle dépose une boule de pollen et de nectar mélangés sur lequel elle dépose un œuf. Pour maçonner, elle collecte de petites boules d’argile, sable ou terre humide qu’elle emmène sur place et façonne à l’aide de ses mandibules. C’est un pollinisateur précieux, car elle butine essentiellement les arbres fruitiers qui fleurissent en début d’année (cerises, pommes, poires) permettant ainsi la production de fruits.
Guêpes et frelons
Ces insectes, utiles dans la chaîne alimentaire, ont un régime omnivore : prédateurs d’autres invertébrés, frugivores et nettoyeurs occasionnels. Ils détectent très bien le mouvement.
À moins d’être à proximité immédiate de leur nid, ce qui peut présenter un réel danger (ils peuvent se sentir menacés), il vaut mieux rester calme et s’éloigner doucement ou laisser l’insecte constater de lui-même qu’il n’y a rien d’intéressant. Un mouvement brusque peut les rendre agressifs. En général, on croise un individu seul en début de printemps (la reine cherche un endroit pour installer son nid), ensuite, la saison est relativement calme jusqu’à la fin de l’été : guêpes et frelons deviennent plus nerveux, à la recherche effrénée de réserves avant l’hiver. Le Frelon asiatique est une espèce invasive qui s’attaque aux guêpes, aux abeilles et prend la place du frelon indigène.
Vous trouverez plus d'information sur la page de la FAQ : J'ai trouvé un nid de guêpes. Que faire ?
Moustiques
Ces insectes mal-aimés sont une source de nourriture importante pour les oiseaux et les chauves-souris. Ils pondent leurs œufs dans des eaux stagnantes (larves aquatiques). L’installation d’une mare au jardin ne doit pas faire craindre la présence de moustiques pour autant qu’elle soit bien conçue, placée dans un endroit ensoleillé et bien oxygénée pour favoriser la biodiversité indigène et l’installation des prédateurs du moustique. Par contre, il vaut mieux bannir tout récipient contenant de l’eau stagnante (arrosoir, bassine…) au jardin.
Seule la femelle pique et suce le sang des mammifères. Un article sur moustique.info donne quelques informations sur ce qui les attire.
Proposition d’aménagements dans le bâti en faveur des insectes
- mur en pierre sèche, gabion
- cavités et joints creux dans les maçonneries
- bardage légèrement ajouré
- abris à insectes intégrés à la façade
- toiture végétalisée (en extensif ou en intensif)
- quelques vieilles souches posées sur un toit plat
- jardinières
- façade végétalisée à l’aide de plantes grimpantes
- arbres ou fruitiers palissés
- grenier et caves accessibles
Sources
1 Hallmann CA, Sorg M, Jongejans E, Siepel H, Hofland N, Schwan H, et al. (2017), More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas, PLoS ONE 12(10) : e0185809 disponible sur doi.org.
2 Rapport Planète vivante, La nature en Belgique, WWF 2020, disponible sur wwf.be
3 Page sur les abeilles sauvages sur biodiversite.wallonie.be