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A03. Végétaliser une façade

Différentes solutions existent pour végétaliser une façade et ramener la nature au plus près du bâti.

 

Solutions techniques

Vous trouverez ci-dessous

Nous préconisions la végétalisation de façade en pleine terre, considérant que les installations hors sol nécessitent une conception complexe présentant souvent des échecs à la suite de manque d’eau.

Bénéfices de la végétalisation

La végétation installée en façade joue plusieurs rôles bénéfiques, en fonction des plantes choisies et de leur conduite, tant architecturalement parlant que pour les services rendus à la nature ou à l’homme :

  • augmentation de la biodiversité ;
  • création de nouveaux habitats particulièrement favorables aux insectes, oiseaux et invertébrés : massifs servant de refuges, de couloirs de migration, de garde-manger par la production de fleurs mellifères et/ou de fruits en tout genre (Rosier, Lierre rampant, Jasmin étoilé, fruitiers…) ;
  • rafraîchissement de l’air en ville (diminution de l’îlot de chaleur) et filtration des microparticules volatiles ;
  • régulation thermique du bâtiment en été : les plantes absorbent les rayons solaires, offrent une ombre portée et rejettent de l’eau par évapotranspiration. Ces fonctions contribuent au rafraîchissement des façades par temps chaud ;
  • protection de la structure du bâti lors d’intempéries et de forte humidité. La végétation permet de faire écran à la fois à la pluie et au vent ;
  • absorption partielle des bruits aériens ;
  • intégration paysagère : la couverture végétale peut masquer une structure peu esthétique, ou au contraire valoriser des éléments architecturaux. Elle peut aussi faire l’objet d’un dessin structuré vivant participant à l’architecture des lieux ;
  • production alimentaire pour l'homme (Vigne, Pommier, Poirier, Kiwi...).

 

Complexité technique

La végétalisation des murs peut s’avérer relativement facile et peu coûteuse, pour autant que l’on dispose d’un sol en pleine terre en pied de mur, que soit choisie une technique simple et une plante demandant peu d’entretien.

Un entretien, même relativement faible, sera toujours nécessaire afin de veiller à ce que la plante grimpante n'atteigne pas les corniches et gouttières.

Côté rue, il faut parfois faire une demande préalable à l’administration communale pour obtenir l’autorisation ou respecter les prescriptions techniques particulières en fonction des communes.

Vous trouverez des réponses aux idées reçues dans la foire aux questions :

  • Les murs recouverts de plantes grimpantes ne sont-ils pas plus humides ?
  • Les plantes grimpantes ne risquent-elles pas d’abimer les murs et les trottoirs ?
  • Les plantes grimpantes ne vont-elles pas attirer araignées et insectes ?

Points d’attention à porter lors de la végétalisation d’une façade

  • Certaines installations de grimpants peuvent faciliter l’accès des prédateurs aux cavités et trous d’envol présents dans la façade. Par exemple, l’Hirondelle de fenêtre, l’Hirondelle rustique et le Martinet n’occupent pas les cavités à proximité de la végétation.
  • La taille régulière est primordiale pour tenir les grimpants éloignés des éléments sensibles tels que les trous d’envol. En effet, il faut empêcher l’accès à des sites de nidification ou de repos de la faune à part d’éventuels prédateurs, y compris par les plantes grimpantes. 
  • Certaines plantes grimpantes nécessitent un entretien pour ne pas atteindre et dans certains cas endommager les corniches et gouttières. C’est particulièrement le cas de la Glycine.
  • Les façades végétalisées qui présentent des portes et fenêtres régulièrement ouvertes peuvent amener plus d’invertébrés dans la maison. Ce point est résolu par la pose d’une moustiquaire ou en installant les plantes à distance des ouvertures.
  • Impétrant : Côté rue, veillez à ce que les racines ne créent pas de problèmes aux impétrants dans le sol. La pose d’un géotextile est considérée comme indispensable et est souvent exigée par les services communaux, en l’absence d’étude sérieuse sur l’impact des plantes grimpantes sur les impétrants.
  • Réglementation : Veillez à respecter la réglementation locale en matière de végétalisation côté voirie, ainsi que de distance de plantation d’arbres en limite de propriété.

Choix des plantes

Pour le choix des plantes, nous préconisons les plantes mellifères et locales pour des questions écologiques et de soutien à la biodiversité.

Les différentes plantes utilisées pour végétaliser une façade ont plusieurs caractéristiques : indigène, mellifère, production de fruits (comestibles pour l’homme), envahissant, plus ou moins toxique pour l’homme…

Les plantes exotiques doivent être évitées, car elles peuvent potentiellement devenir dangereuses et envahissantes. 

Les plantes toxiques doivent être évitées pour la végétalisation des façades côté rue, à proximité des écoles et des cours de récréation.

Il est également possible de distinguer les plantes par type de croissance (rapide ou lent), ainsi que par type d’accrochage et donc par type de support nécessaire pour sa croissance :

  • Un grimpant radicant ou à ventouses s’accroche directement au mur (de préférence rugueux) et ne nécessitent pas de support supplémentaire. Vérifier qu’il soit sain et exempt d’humidité.
  • Un grimpant volubile s’enroulera autour de supports verticaux, à conduire sur treillis, câbles, filets, tuteurs verticaux, grillages, clôtures…
  • Un grimpant à vrilles nécessite un filet, un grillage, un treillis, une palissade pour s’accrocher.
  • Un grimpant à palisser qui s’accroche à l’aide de liens le long de guides horizontaux.

Plantes grimpantes qui ne nécessitent pas de support

Type de surface

Un grimpant radicant ou à ventouses s’accroche directement au mur (de préférence rugueux).

Vérifier que le mur soit sain et exempt d’humidité.

La plupart des surfaces sont compatibles excepté :

  • les façades avec enduit ou peinture qui doivent être évitées absolument
  • les façades avec bardage en ardoise, bardeaux de bois ou bardage en plastique sont à éviter
  • les façades trop lisses, bardage métallique ou plastique ne permettent pas ou peu aux plantes radicantes ou à ventouses de s’accrocher

La pierre naturelle non schisteuse ou non friable, la brique, le béton ou le bois conviennent très bien.

La façade avec crépis en mortier peut convenir à condition qu’il ne soit pas fissuré ou dégradé par des poussées d’humidité venant de l’intérieur du mur.

Type de plante radicante ou à ventouse

Les plantes grimpantes radicantes ou à ventouses sont :

  • Lierre grimpant (indigène, mellifère, produit du pollen en automne, baies appréciées des oiseaux et toxique)
  • Hortensia grimpant (mellifère, toxique)
  • Bigogne commune (non indigène, toxique).

Plantes grimpantes qui nécessitent un support

Nous classons ici, les plantes volubiles, qui peuvent s’accrocher à des guides verticaux (câbles, treillis, grillage ou clôtures), des plantes grimpantes à vrilles qui ont besoin de supports horizontaux (des grillages, treillis ou palissades), et enfin celles qui nécessitent une palissade. 

Les plantes grimpantes volubiles sont : 

  • Chèvrefeuille (indigène, mellifère et les baies sont toxiques, croissance moyenne, hauteur de 4 m environ)
  • Houblon d’Europe (indigène, mellifère et non toxique, croissance très rapide, disparaît chaque automne et reprend chaque printemps, il a besoin d’une terre assez riche).
  • Clématite des Alpes ou Clématite des haies (mellifère, irritante pour la peau, à croissance très rapide et envahissante), Clématites de culture à plus grandes fleurs et croissance plus lente.
  • Jasmin étoilé (mellifère, parfum envoûtant, toxique)
  • Jasmin officinal
  • Glycine de Chine (attention à bien la contenir, car sa croissance est très rapide et prend vite des proportions importantes, mellifère, toxique)
  • Kiwi et kiwaï (feuillage dense offrant de belles cachettes pour les oiseaux, orientation est et ouest avec les pieds au frais, feuillage au soleil, produit des fruits comestibles).

Les plantes grimpantes à vrilles sont : 

  • Passiflore bleue (les fleurs sont magnifiques)
  • Bryone dioïque (indigène)
  • Vigne à raisin (à diriger sur câble en sélectionnant les quelques branches à garder, orientation Sud, Sud-Est et Sud-Ouest)

Les plantes grimpantes à palisser sont :

  • Rosiers grimpants (mellifère, privilégiez les rosiers grimpants remontants qui auront une floraison étalée sur plusieurs mois et non pas une floraison unique)
  • Jasmin étoilé, Jasmin officinal, Jasmin d’hiver.
  • Arbres fruitiers

Spécificité pour les arbres fruitiers

Il existe plusieurs types d’arbres fruitiers : arbre à haute-tige, moyenne-tige et basse-tige. Privilégier l’installation d’un arbre basse-tige ou d’un arbre moyenne-tige qui auront une mise à fruit plus rapide et seront plus adaptés à une conduite palissée.

L’installation d’un arbre nécessite d’avoir un sol avec suffisamment de terre et de bonne qualité. Un paillage régulier en pied d’arbre permettra d’améliorer le sol d’année en année.

L’installation d’anciennes variétés (charte Certifruits — RGF-Gembloux) ou le greffage de greffons prélevés dans de vieux vergés a l’avantage de contribuer à la sauvegarde du patrimoine horticole belge.

Le CRA-W réinsère depuis 1985, les variétés les plus méritantes dans le commerce, sous l’appellation générale de « Variétés RGF-Gblx », abréviation de « Ressources Génétiques Fruitières de Gembloux ». Il s’agit d’anciennes variétés originales qui étaient le plus souvent en voie de disparition. Afin de pouvoir les cultiver sans traitement, les critères principaux de sélection sont la robustesse, une bonne tolérance aux principales maladies, mais aussi une diversité et une originalité d’arômes et d’usages. La plupart sont également adaptées sur une large gamme de porte-greffe.

La liste des variétés horticoles proposées est sur le site Internet certifruit.be

Végétalisation hors sol

Une installation hors sol fait appel à différentes technologies afin de permettre aux plantes de s'enraciner sur toute la surface verticale du mur, par opposition aux plantes grimpantes qui s'enracinent directement dans le sol.

Nous n’abordons pas en détail cette solution ici. En effet, la végétalisation par plantes grimpantes et arbres palissés reste la technique à favoriser, car ces installations présentent plusieurs inconvénients : 

  1. Elles nécessitent un système d'irrigation souvent coûteux en eau et en énergie
  2. La moindre défaillance d'irrigation peut détruire toute la végétation.
  3. Elles demandent un entretien plus régulier, parfois difficile.

Si vous optez pour ce type de végétalisation, il est intéressant de respecter le principe d’habitat analogue qui permet de choisir le substrat et les plantes les plus adaptées au contexte (type d’ensoleillement et d’exposition au vent…).

Exemples d’installations hors sol :

  • Murs végétaux hors sol sur mesure : Ils se constituent de végétaux à « petit développement » plantés dans une nappe horticole (feutre très résistant dont les fibres retiennent l’humidité). L’arrosage, enrichi en sels nutritifs, se fait par un système d’irrigation en circuit fermé. Ce type de mur peut être conçu pour des façades extérieures comme pour l’intérieur.
  • Murs végétaux modulaires : Le mur modulaire est un autre procédé de végétalisation hors sol. Il se monte en assemblant des bacs ou des cellules. Un maillage en acier galvanisé contient le substrat dans lequel se développeront les plantes. Les modules seront ensuite fixés sur une structure métallique verticale (qui offre au mur un caractère autoportant). Son épaisseur peut aller de 10 à 30 cm environ. 
  • Le Mur Vert de l’Atrium57, un objet d’étude et de perspectives écologiques en ville, article, juin 2021, gembloux.uliege.be

 

Pour aller plus loin 

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