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A02. Clôtures favorables au passage de la faune.

Les clôtures végétales indigènes sont des éléments structurants du paysage qui sont très bénéfique pour la faune indigène. Elles peuvent offrir nourriture, gîte, abri de transit… Pour les autres types de clôtures, des passages peuvent être réalisés afin de permettre à toute une série d’espèces de circuler : on pense le plus souvent au hérisson, mais d’autres espèces comme les batraciens ou les cervidés sont concernées.

Une clôture ou barrière est-elle indispensable ?

Si oui, optez pour la plus végétalisée possible et la plus grande ouverture possible !

Conseils généraux

  • Prévoir des passages pour la faune. Suivant le type de clôture, soit : 
    • Placer la clôture à une hauteur de 10 cm à 20 cm par rapport au niveau du sol.
    • Prévoir des passages de minimum 20 x 20 cm ou 15 cm² tous les 15 m au niveau du sol.
  • Proscrire l'utilisation de fils barbelés qui peuvent blesser les rapaces qui s’y posent.

Options

  • Planter des plantes grimpantes indigènes au pied des clôtures. Voir page A03
  • Prévoir un marquage pour mettre en évidence les passages afin de permettre aux visiteurs de comprendre pourquoi la clôture est adaptée.
  • Créer une zone refuge au bord de la clôture.

Haie indigène

Il est préférable de privilégier les haies indigènes, d'envisager plusieurs espèces et pourquoi pas, celles qui poussent spontanément sur le site, elles seront d’autant plus résistantes.

La liste de haies indigènes est disponible sur la page des haies sauvages sur reseaunature.natagora.be 

Mur en pierre sèche

Un mur en pierres sèches ou en gabions offre énormément de cavités favorables à l’installation de la biodiversité : Insectes, batraciens, gastéropodes, Lézard des murailles... et même moineaux lorsque des cavités plus grandes sont laissées à l'intérieur du mur.

Plus d'information page M09. Réaliser un mur en pierres sèches ou en gabions.

Clôture en barreaux

  • Privilégier des essences de bois non traitées en châtaignier ou de robinier (sans écorce). Éviter l'utilisation de matériaux moins durables ou qui nécessite un traitement comme le pin par exemple.
  • Placer des piquets tous les 1,5 à 2 m 
  • Pour les montants horizontaux, il est possible d'utiliser des bois tressés comme le saule. Dans ce cas, les piquets pourront être rapprochés, tout en respectant les ouvertures nécessaires.
  • Des jambes de force sont placées tous les 30 m, à chaque changement de direction de la clôture, ainsi qu’aux extrémités.
  • Les clôtures sont fixées avec des cavaliers (veillez à ne pas les perdre sur le sol).
  • La clôture est rigidifiée soit :
    • à l’aide de demi-rondin en bois fixé horizontalement sur le bas (à une hauteur de 10 à 20 cm) et sur le haut de la clôture ;
    • avec des tiges métalliques.
  • La clôture est placée, avec les pointes vers le haut, à une hauteur de 10 à 20 cm du sol.
  • 2 à 3 montants peuvent-être recoupés pour créer les passages. 

 

Fascine

Une fascine est une clôture réalisée à l'aide de branches mortes enchevêtrées. Elle peut même retenir les terres.

Elles offrent un microclimat et un sol intéressant. Selon la taille et la composition de la fascine, on peut donc y retrouver des insectes décomposeurs du bois mort, des batraciens et reptiles qui s’y cachent et s’y nourrissent, des oiseaux à nidification basse (troglodyte mignon…), des hérissons qui y hivernent…

Elles peuvent être colonisées spontanément pas du lierre, des ronces, des clématites, des haies, des plantes de sous-bois dans les zones forestières, des plantes de berges dans les zones humides...

Elles ont une durée de vie de 2 à 7 ans suivant sa composition.

Celles-ci ont généralement une hauteur de moins de 1 m de haut. Leur largeur varie suivant les sections de bois utilisés. 

Attention, la récolte du bois mort par l'élagage des arbres doit avoir lieu en dehors de la période de nidification et sous réserve de permis d'urbanisme requis.

Il faut éviter de couvrir la fascine de treillis ou grillage, car cela empêche la circulation des espèces.

Étapes de la réalisation d'une fascine

  • Creuser une tranchée afin que les fagots soient légèrement enfoncés dans le sol, surtout si elle est conçue de manière à limiter les coulées de boues. Les terres sont stockées soit de part et d'autre de la fascine, soit au niveau du bord le plus haut si le terrain est en pente.
  • Creuser des tranchées de 15 à 20 cm², tous les 15 m. Elles vont permettre le passage des petits animaux sous le branchage.
  • Installer les piquets en bois de 8 à 15 cm de diamètre sont solidement ancrés dans le sol. Pour une fascine de 1 m les pieux seront de 1,5 m, planté sur 50 cm de hauteur pour garantir la stabilité de la structure principale. Privilégier les bois plus résistants comme le saule, le châtaigner ou le robinier et non traité. Tailler les têtes en biseau pour faciliter leur plantation
  • Planter une double rangée de piquets soit
    • en quinconces de manière à laisser un espace de 30 à 50 cm d'épaisseur. Les piquets sont à un intervalle de 1 à 1,5 m
    • parallèle, dans ce cas, les piquets sont placés avec un intervalle de 50 cm
  • Des fagots de branches (effeuillées) d'environ 2m de long sont placés entre les montants. Ceux-ci doivent dépasser de l'intervalle des montants (20 à 30 cm) pour qu'ils restent bien bloqués. Les branchages plus petits peuvent-être ficelés en fagots de 40 cm de diamètre avec des cordelettes biodégradables. Généralement le bois de remplissage est en saule, mais tout type de bois peut convenir.
  • Pour une structure plus restante, des structures métalliques peuvent-être placées entre les pieux de manière discrète.
  • Pour les fascines qui doivent retenir des terres, il est important de remplir la tranchée jusqu'au niveau du sol et de mettre la terre de tranchée avant de placer les fagots de branches suivants.
  • Tasser plus ou moins fort suivant l'opacité ou l'étanchéité désirée. Une variété de densité et texture est intéressante pour la biodiversité.
  • Si nécessaire, stabiliser le tassement des tas avec des tasseaux de bois fixé perpendiculairement aux piquets de préférence avec des ficelles biodégradables.
  • Les piquets verticaux ne doivent pas être recoupés, car le bois va se tasser avec le temps.
  • La structure pourra être remplie régulièrement, entre septembre et février.
    • Éviter d'ajouter des matières vertes dans la fascine afin d'augmenter sa longévité et de ne pas créer de mauvaises odeurs. Privilégier l'utilisation d'un tas de compost qui permettra de réaliser un bon rapport carbone/azote et sera retourné régulièrement.

    • Le garnissage des fascines peut être réalisé progressivement, à chaque fois que l'on récupère du bois lors des travaux d’entretien.

    • Le garnissage de la fascine peut être réalisé de manière participative avec les riverains.

Entretien

  • Une fois par an, il est intéressant de vérifier que les passages pour la faune sont encore là et vérifier la stabilité. Il sera parfois nécessaire de placer de nouveaux piquets si certains piquets sont abîmés. Les piquets abîmés devraient rester en place, car ils peuvent contenir des larves d'insectes tel que le Lucarne cerf-volant qui est une espèce protégée Natura 2000. ´
  • Les feuilles mortes placées contre la fascine peuvent également offrir un abri.
  • Garder une zone non tondue le long de la fascine pour conserver une zone de refuge.

 

Clôture en châtaignier

  • Utiliser du châtaignier bien écorcé au préalable (assez blanc) et s’assurer qu’aucune trace de chancre de l’écorce du châtaignier* n’est présente.
  • Poser 2 ou 3 fils tendeurs entre les piquets :
    • Prévoir 2 fils et un écartement de 4 à 7,5 cm pour les clôtures de 50 à 60 cm de haut.
    • Prévoir 3 fils et un écartement de 7,5 cm pour les clôtures de 80 cm de haut ou plus. 
  • Les piquets sont enfoncés de 1/3 dans le sol.
  • La clôture est placée, avec les pointes vers le haut, à même le sol.
  • Des ouvertures, de minimum 20 x 20 cm, sont créées à même le sol, tous les 15 m.

*Plus d’information sur le chancre de l’écorce du châtaignier sur la page concernant les problèmes écologiques et sanitaires sur environnement.brussels.

 

Clôture en grillage à large mailles rectangulaires

L'utilisation de clôture en grillage à larges mailles rectangulaires peut être considérée comme un compromis entre la haie et la clôture, car le grillage pourra être envahi par des plantes grimpantes.

  • Les mailles rectangulaires sont de minimum 15 cm², si ce n'est pas le cas, prévoir au moins une ouverture de 20 cm² tous les 15 m.
  • Les plus larges sont placées en bas.
  • Les montants sont généralement espacés de 3 à 4.5 m.
  • Des jambes de force sont placées tous les 30 m, à chaque changement de direction de la clôture, ainsi qu’aux extrémités.

Attention, privilégier les grillages larges mailles, carrées ou rectangulaires, car les mailles trop petites ou hexagonales peuvent devenir de véritable piège pour les espèces qui essayent de passer à tout prix.

Si ce n'est pas le cas : 

  • Placer la clôture à une hauteur de 10 cm à 20 cm par rapport au niveau du sol.
  • Prévoir des passages de minimum 20 x 20 cm ou 15 cm² tous les 15 m au niveau du sol.
Clôture en grillage plus petit

Attention, privilégier les grillages larges mailles, carrées ou rectangulaires, car les mailles trop petites ou hexagonales peuvent devenir de véritable piège pour les espèces qui essayent de passer à tout prix.

Si ce n'est pas le cas : 

  • Placer la clôture à une hauteur de 10 cm à 20 cm par rapport au niveau du sol.
  • Prévoir des passages de minimum 20 x 20 cm ou 15 cm² tous les 15 m au niveau du sol.

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