Aller au contenu principal

Lézard des murailles

Bain de soleil près des cachettes...

Podarcis muralis

Ce lézard gris-brun d'environ 20 cm  consomme toutes sortes d’invertébrés : insectes divers, escargots, araignées, cloportes, mille-pattes, vers. Il profite de rocailles, murailles naturelles ou murs en pierres bien exposées au sud pour se réchauffer et trouver des refuges dans de petites cavités. La chaleur du soleil permet également le développement des œufs.

Mesures

  • Éviter le colmatage des vieux murs ; lorsque cette opération est inévitable, il faudrait veiller à maintenir suffisamment d’interstices où les lézards peuvent s’abriter. Cette sensibilisation est notamment à développer auprès des communes qui ont en charge l’entretien d’anciens cimetières et des restaurateurs d’anciennes bâtisses ;
  • Aménager ou maintenir de vastes espaces nus ou rocheux, tas de pierres dans les endroits ensoleillés et contrôler le problème écologique posé par le développement de la végétation et les plantations de ligneux.

Statut

Statut légal : intégralement protégé (décret dit Natura 2000 du 6 décembre 2001).
Conventions internationales : annexe 2 de la Convention de Berne (19 septembre 1979) :
engagement à protéger le milieu de vie.
Union européenne : annexe 4 de la Directive Faune-Flore-Habitats 92/43/CEE :
espèce d’intérêt communautaire nécessitant une protection stricte.

Menaces

Malgré le caractère anthropophile du Lézard des murailles, la stabilité de certaines populations et le très faible nombre de stations récemment disparues, il faut considérer ce lézard comme une espèce vulnérable en Wallonie, notamment en raison de sa situation en limite d’aire, de son caractère relictuel et de l’isolement des populations qui en découle. 

Les populations wallonnes sont principalement soumises aux menaces suivantes :

  • Le colmatage des vieux murs et murets de pierre sèche.
  • L’évolution naturelle des sites occupés : un recouvrement croissant des rochers et zones pierreuses par les strates herbacée et arbustive peut conduire à l’abandon d’un site. Il en est évidemment de même en cas de plantations, d’afforestation, de boisement spontané de carrières abandonnées et d’envahissement arbustif des voies ferrées désaffectées.
  • La gestion actuelle des voies ferrées actives (Hussin & Parent, 1996) est négative à plusieurs égards, en particulier du fait du remplacement de certains matériaux (traverses, ballast, dalles de béton couvrant les caniveaux).
  • L’aménagement des voies ferrées désaffectées en piste cyclables (RAVeL) risque de porter préjudice à certaines populations (Graitson et al., 2000). Cependant, l’espèce se maintient bien sur certaines lignes lorsqu’un empierrement complémentaire est réalisé. Le fait a été constaté dans la vallée de la Lesse ainsi qu’à Mariembourg.

Plus localement, certaines populations sont victimes des menaces suivantes :

  • Le développement d’activités de loisir dans des sites occupés, par exemple l’implantation de zones de loisirs au pied d’affleurements rocheux, la pratique de l’escalade sur les falaises naturelles.
  • L’aménagement de sites rocheux naturels (gunitage* par exemple).
  • La collecte d’animaux par des enfants et des terrariophiles.
  • La prédation imputable aux carnivores domestiques et anthropophiles.

Par contre, l’ouverture des carrières n’est pas une menace importante (contra Parent, 1984) car si elles sont parfois responsables de la destruction de falaises naturelles, il apparaît néanmoins que l’extension des carrières fournit nettement plus de nouveaux habitats pour le Lézard des murailles qu’elle n’en détruit.

Source : Le lézard des murailles Podarcis muralis (laurenti, 1768), Eric Graitson et Jean-Paul Jacob publié sur researchgate.net

Abondance et localisation

L’abondance de l’espèce est variable selon les vallées et les stations. Le Lézard des murailles est ainsi peu abondant dans la vallée de la Meuse en aval de Huy et dans la vallée du Hoyoux, où les effectifs des populations sont généralement modestes. En revanche, il est fréquent et souvent nombreux dans la vallée de la Haute-Meuse et dans celles de ses principaux affluents (Viroin, Lesse et sous-affluents, Molignée, Bocq…) ainsi que dans le bassin de l’Ourthe (Ourthe, Vesdre et affluents, Amblève, Néblon…).

Il est rarissime au nord du Sillon Sambre et Meuse. Les seules stations connues sont situées à Rhisnes et Suarlée à proximité de la vallée du Houyoux et aux Rochers de la Marquise à Huccorgne (vallée de la Mehaigne).

En Ardenne, le Lézard des murailles est rare avec une dizaine de «stations » limitées à quelques vallées :

  • vallée du Wayai en amont de Theux, où l’espèce est très menacée (Graitson, 2000c);
  • vallée de l’Amblève à Nonceveux (Hussin & Parent, 1996) ainsi qu’entre Stoumont et Stavelot (Graitson et al., 2000), où la population qui occupe la voie ferrée sur près de 10 km est une des plus abondante de Belgique ;
  • vallée de la Lienne en aval de Chevron en deux endroits;
  • vallée de l’Ourthe à Marcourt où l’espèce est très menacée et au Hérou où les effectifs dépassent la centaine d’adultes (Hussin & Parent, 1996);
  • vallée de la Lomme à Mirwart où les effectifs sont modestes (Hussin & Parent, 1996);
  • vallée de la Semois à Bouillon et Rochehaut;
  • vallée de la Meuse et secteur au sud du Viroin à Oignies, Vierves, Olloy et Petigny (Barrage du Ry de Rome), avec des effectifs variables.

Enfin, en Lorraine, l’espèce est très rare avec une dizaine de sites occupés dans les communes de Rouvroy et Meix-devant-Virton, aucune ne comportant de population abondante (Jacob & Remacle, 2001).

Les effectifs sont très variables. Certaines colonies, parfois isolées, ne comportent pas plus d’une dizaine d’individus. La majorité des stations en comptent plusieurs dizaines, parfois une centaine. Certaines atteignent quelques centaines d’individus, voire plus d’un millier. Elles sont situées sur des voies ferrées où certains tronçons sont colonisés sur plusieurs kilomètres, avec des densités élevées. Les lignes suivantes sont colonisées sur près de 10 km : la ligne de l’Ourthe entre Barvaux et Marche ; la ligne de l’Amblève entre Stoumont et Stavelot ; la ligne de la Vesdre entre Chaudfontaine et Pepinster; la ligne de la Lesse entre Rochefort et Villers ; celle de la Molignée depuis Anhée jusqu’à Ermeton-sur-Biert. De nombreuses autres populations existent le long du réseau ferroviaire, mais toujours sur de plus courtes sections (Graitson, 2006c). Les grands affleurements rocheux et certaines carrières abritent aussi des populations importantes, y compris des carrières exploitées (Graitson, 2000a ; Graitson & Jacob, 2001). Les autres milieux abritent des populations de taille plus modeste.

Sur les tronçons de voie ferrée les plus fréquentés, les densités dépassent la centaine d’individus au kilomètre, soit un individu tous les 10 m.

Source : Le lézard des murailles Podarcis muralis (laurenti, 1768), Eric Graitson et Jean-Paul Jacob publié sur researchgate.net

Partager sur :Email

Soutenez Natagora

Vous aimez la nature ? Aidez-la !

Participez avec Natagora à la préservation de l’environnement en Wallonie et à Bruxelles.
Apportez votre voix à la nature en devenant membre de Natagora et soutenez activement nos actions en rejoignant notre groupe de volontaires.
 

JE DEVIENS MEMBREJE VOUS REJOINS

Faites un don

Vos dons rendent possibles toutes les actions de notre groupe de volontaires en faveur de la biodiversité. Déductibilité fiscale à partir de 40 € de dons par an.

JE PARTICIPE