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G01. Réussir les aménagements : conseils préalables

Réussir des aménagements en faveur de la biodiversité, dans et autour du bâti, c’est possible ! Voici quelques trucs et astuces préalables pour bien se lancer !

1. Prioriser

Plusieurs études ont démontré que la perte d’habitat joue un rôle dans la diminution de la faune sauvage qui occupe le bâti. Les études montrent que les sites de nidification sont insuffisants, surtout lorsque les ressources alimentaires sont présentes. La démarche consiste donc à préserver au maximum les biotopes, car les compensations ne sont jamais entièrement satisfaisantes. Vu le niveau de détérioration, la création de nouveaux milieux propices au développement de la nature est nécessaire. Revégétaliser est en conséquence très important. 

Les espèces animales les plus impactées par la perte d’habitat au sein des bâtiments neufs ou rénovés et pour lesquelles des aménagements pourraient idéalement et facilement être intégrés sont : les Hirondelles de fenêtre, les Martinets noirs, les moineaux et les chauves-souris. Et, pour les bâtiments agricoles, les Hirondelles rustiques et les Effraies des clochers.

En matière d’aménagement de gîtes, le renforcement des populations existantes est une priorité. Même si les espèces qui occupent le bâti ne sont pas toujours menacées à l’échelle de la Wallonie (liste de rouge), elles peuvent être très menacées localement, à l’échelle d’un village ou d’un quartier. 

Le monitoring (recensements, inventaires) de ces espèces est très important. Il permet de fournir les données nécessaires à l’élaboration despolitiques locales de protection et de gestion pour les espèces les plus impactées par la perte d’habitats suite à la construction et à la rénovation du bâti.

2. Limiter les risques

  • 2.1. Protéger les espèces déjà présentes

    • 2.1.1. Prendre des mesures en cas de présomption d’occupation par une espèce protégée. 

    • 2.1.2. Réaliser une endoscopie

    • 2.1.3. Détecter les passages et espaces occupés au niveau des murs en maçonnerie. 

  • 2.2. Favoriser la circulation des espèces

  • 2.3. Protéger les espèces de la prédation

  • 2.4. Éviter de créer des nuisances et des pièges​​​

2.1. Protéger les espèces déjà présentes

Faites appel à un expert pour vous aider à repérer les espaces potentiellement occupés :  Expertise et visite de terrain

2.1.1. Prendre des mesures en cas de présomption d’occupation par une espèce protégée

Implications

→ Certains travaux doivent être évités pendant la période de reproduction ou d’hibernation !

Attention : Certaines espèces sont très discrètes ! Même si aucune trace n’a été détectée, des espèces peuvent être présentes, 

→ Lorsque des espèces protégées sont présentes, une demande de dérogation doit être introduite si les travaux sont susceptibles de perturber les espèces. 

Se renseigner auprès d’un ou une spécialiste pour savoir s’il est possible de réaliser des travaux et pour vérifier si une demande de dérogation doit être introduite. Celle-ci doit être introduite auprès du Service Public de Wallonie. Plus d’information pour demander une dérogation aux mesures de protection des espèces sur wallonie.be

Si un permis d’urbanisme est nécessaire, la demande de dérogation doit être jointe.

→ Un inventaire préalable devrait être systématiquement réalisé lorsque le risque de présence d’espèce est important : isolation des toitures, à l’arrière des parements en brique, des murs avec présences de fissures ou de cavités…

La vérification de la présence d’espèce doit être plus poussée pour certains travaux spécifiques : isolation des murs par l’extérieur, remplacement de la couverture de toiture, isolation par soufflage derrière un parement, sablage ou nettoyage à haute pression… Et plus particulièrement pour les travaux de calorifugeage qui sont potentiellement dangereux.

S’abstenir de faire des travaux, tout du moins, à certains moments de l’année (période de nidification, d’hibernation…) et prendre des mesures pour éviter que des espèces s’installent à des endroits inappropriés lors du chantier.

Lorsque l’habitat d’espèces protégées risque d’être impacté par les travaux, veillez à bien déterminer les mesures de protection et les éventuelles mesures de compensation avec l’aide d’un ou d’une spécialiste afin de déposer une demande de dérogation complète auprès de l’administration.

2.1.2. Réaliser une endoscopie pour détecter la présence d’espèces protégées avant de calorifuger ou d’isoler une cheminée tubée, une lame d’air derrière un parement en brique ou tout autre espace potentiellement occupé (trous de ventilation…)

2.1.3. Détecter les passages et espaces occupés au niveau des murs en maçonnerie

  • Solution 1 : considérer que toutes les cavités de plus de 2 x 4 cm sont potentiellement occupées par des chauves-souris, ou sont potentiellement des accès à des cavités à l’intérieur de la maçonnerie pour des oiseaux.
  • Solution 2 : faire appel à un·e naturaliste·e expérimenté-e afin de repérer les espaces potentiellement occupés et de faire un marquage pour les oiseaux, pendant la période de nidification (car un inventaire en dehors de cette période ne va pas permettre d’obtenir des résultats complets) et pour les chauves-souris une année à l’avance (un cycle complet).

Le planning d’interventions doit éviter à tout prix la période d’hibernation ou de reproduction des espèces. Le rejointoyage pourrait donc être planifié fin août (sous réserve de l’obtention d’une dérogation) de façon à s’assurer qu’aucune espèce n’occupe les lieux. Idéalement avec une année d’observation préalable.

2.2. Favoriser la circulation des espèces

  • Éviter la fragmentation, soutenir et faciliter la mobilité des espèces, par exemple, prévoir des ouvertures de minimum 20 x 10 cm, dans les murs et clôtures, pour permettre le passage des espèces telles que les hérissons, prévoir des zones non éclairées, de la végétation pour permettre aux animaux de se cacher et de circuler.

2.3. Protéger les espèces de la prédation

  • Réaliser des aménagements protégés des prédateurs. L’espace devant les accès doit être très dégagé. Éviter les arbres, les murs rapprochés, les plantes grimpantes qui permettent un accès facile aux prédateurs.

2.4. Éviter de créer des nuisances et des pièges

  • Limiter les risques au niveau des cavités-pièges potentielles : poser un grillage (largeur des mailles 5 mm) au niveau des cheminées et des gaines de ventilation, poser des crapaudines dans les gouttières, obturer les poteaux (de 5 à 40 cm de diamètre), prévoir des rampes ou des échelles pour permettre de remonter depuis les caves, cours enclavées… Pour aller plus loin, voici une brochure éditée par l’ASPAS et par la LPO Supprimons les cavités dangereuses pour la faune.
  • Prendre des mesures lors du chantier : faire un état des lieux de présence d’espèces, privilégier les techniques les plus respectueuses, protéger certaines zones du chantier pour, par exemple, protéger les racines d’arbres, éviter le tassement des terres par le passage d’engin ou l’entreposage de matériau, prévoir un suivi régulier pour détecter les cavités-piège en cours de chantier… Les recommandations importantes à prendre sont reprises dans le guide « Comment concilier nature et chantier urbain ? » disponible sur le site biodiversiteetbati.fr
  • Prendre des mesures pour limiter les nuisances et prévoir les travaux de maintenance : entretenir les toitures plates, prévoir les tailles hors des périodes de nidification (haies, arbustes, plantes grimpantes…).
  • Éviter les produits toxiques ou répulsifs pour traiter les matériaux utilisés, surtout pour les parois susceptibles d’être en contact direct avec les espaces occupés (humains et animaux).
  • Limiter les risques au niveau des points d’eau : Éviter les risques de noyades en prévoyant des rampes ou filets au niveau des points d’eau (mare artificielle, abreuvoir, bassin, piscine, citernes, etc.).
  • Réduire les surfaces lisses et apporter plus de relief pour limiter les nuisances sonores et faciliter le déplacement de certaines espèces tel que les chauves-souris.
  • Éviter les surfaces vitrées et réfléchissantes problématiques.
  • Éviter les éclairages problématiques.

3. Végétaliser

  • Pensez à aménager les abords et jardins de manière à créer un environnement sécurisé, accueillant qui permet aux espèces animales de circuler et de s’alimenter

Renforcer le maillage écologique pour éviter la fragmentation des paysages à l’échelle des populations animales et des végétaux, soutenir et faciliter la mobilité des espèces (alignement d’arbres, haies, points d’eau, etc.), éviter les causes d’accidents (verre, cheminées…) de toutes natures et les pollutions sonores et lumineuses, éviter les soucis lors du chantier… 

  • Varier les espèces et les milieux

Sur un balcon, une terrasse ou une toiture végétalisée, pensez à prévoir plusieurs types de milieux : espace minéral, tas de bois mort, talus de terre orienté au soleil, un plan d’eau (même de quelques cm de haut)…

  • Privilégier l’utilisation de plantes indigènes qui offrent nourriture et habitat à la faune.

En effet, les variétés horticoles, parfois attractives, peuvent être des pièges pour les insectes. Soyez attentif, car cela peut être pernicieux, comme pour le bleuet sauvage à fleurs simples et la variété horticole à fleurs doubles.

  • Proscrire l’utilisation de pesticides chimiques
  • Accepter la spontanéité végétale

En effet, la terre arable contient un stock de graines en dormance. Celles-ci peuvent germer, pour certaines, même après des centaines d’années.

  • Récupérer l’eau de pluie et veiller à sécuriser les citernes et autres points d’eau.
  • Limiter les espèces exotiques invasives.

Les plantes exotiques peuvent potentiellement devenir dangereuses et envahissantes. Lors du chantier, veillez à prendre des mesures pour les éradiquer, ou tout du moins les contenir. En effet, les rhizomes de la Renouée du Japon peuvent atteindre une profondeur de plusieurs mètres, les couper peut redonner de la vigueur à la plante.

4. Créer des gîtes pour la faune sauvage

  • Penser a intégré les aménagements, le plus tôt possible.
  • Suivant chaque espèce, vérifier si l’environnement est adapté dans un certain périmètre : eau, nourriture, matériaux, possibilité de circuler librement…
  • Prévoir un nombre de gîtes suffisants, pour les espèces grégaires ou pour offrir plusieurs types de climats intérieurs. Les aménagements doivent permettre un confort optimal. Certaines espèces apprécient les endroits chauds, d’autres des espaces plus frais et plus ouverts. Soyez donc attentif à l’orientation des espaces occupés et des accès. Ceux-ci doivent être protégés des intempéries et des surchauffes.
  • Faire en sorte que l'aménagement soit protégé des prédateurs est primordial ! Par exemple, éviter de prévoir des cavités si celles-ci sont rendues accessibles depuis le sol par des plantes grimpantes, des tuyaux de descente, des arbres…
  • Les cavités intégrées dans les parois ou dans le bâtiment offrent un meilleur confort, ils sont mieux protégés des intempéries et doivent être privilégiés, lorsque c’est possible, par rapport à la pose de nichoirs en applique. Sauf pour les hirondelles qui construisent leur nid elles-mêmes, ou lorsque les nichoirs sont protégés par un avant-toit ou une corniche saillante.
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